1 septembre 2007

Il est libreeeee... l'oiseauuuuuu...

Que faire un vendredi après-midi à Rio avec un temps mitigé ? « Allons faire un saut en deltaplane » : telle fut la réponse des deux Fred (deux amis de Seb en voyage au Brésil).
Quelle idée farfelue ! Et pourtant … voilà trois hommes remontés à bloc pour ce saut dans le vide. J’avais très peur et eux de très bons arguments. Ni une ni deux, le chauffeur de taxi nous attend en bas de l’immeuble et nous partons tous les quatre pour São Conrado, quartier hyper chic à l’extrémité sud de Rio, après Leblon, au pied de la favela de Rocinha (plus grande de la ville avec l’équivalent de la population de Bordeaux).

Nous retrouvons Ricardo, le moniteur de deltaplane qui nous emmène jusqu’à ce point de non retour appelé : Pedra Bonita. C’est un mont à 520 mètres d’altitude situé en dessous de Pedra da Gavéa et qui surplombe la forêt de Tijuca. Rien que le trajet est déjà une aventure. La polo de Ricardo, avec son aile sur le toit, a du mal à monter par la route humide. Les pneus lisses n’aident pas et nous nous retrouvons bloqués en pleine montée à 10%, une odeur de caoutchouc brûlé dans l’air.
Seb est obligé de sortir et d’aller s’asseoir sur l’avant de la voiture (une traction) pour faire poids sur le capot. C’est un comble vu le poids coq que c’est ! Mais ça roule !

Un tremplin, une dizaine de personnes qui attendent en file indienne, cet endroit prend des airs d’une attraction d’Eurodisney ! Tous les regards disent pourtant « Mais qu’est-ce que je fais là ? ». Cependant nous ressentons tous cet étrange mélange de peur et d’excitation.



Chacun de nos moniteurs attitrés s’approchent et nous enfile un harnais, ils nous expliquent qu’il faut courir sur le tremplin jusqu’au bout, ne surtout pas s’arrêter avant, puis apprécier. Ahhhh la théorie…mais la pratique ?!

Et voilà Fred, Seb puis Fred ont sauté, c’est à mon tour. J’ai peur mais j’y vais quand même. Ricardo après m’avoir attaché au deltaplane, prend 2 ou 3 photos et me regarde en souriant puis dit « um, dois, três, corra !!! ».
Voici un exemple de ce que ça donne : caméra embarquée avec Seb.




Je ne comprends pas comment je me retrouve dans le domaine d’Eole, au dessus de la forêt de Tijuca, mais après la folle montée d’adrénaline, arrive une phase d’apaisement; la peur disparaît afin de laisser place à l’émerveillement. On se sent si léger, si petit, en osmose avec les différents éléments.




On comprend Icare qui fut attiré par le soleil ; de là-haut tout est si près, si palpable, si beau. A cette hauteur on aperçoit le Christ, le Pain de Sucre, les plages de Ipanema et de Leblon, le morro « Dos Dois Irmões ». C’est extraordinaire, la tête se vide, le seul mot restant est « Wahooouuuuu !!! ».


Après dix minutes de pur bonheur arrivent les trous d’airs au dessus de la mer, l’arrivée est proche. L’atterrissage se fait tout en douceur pour moi, on s’arrête net à 50 cm du sol et hop on se pose sur nos pieds dont on avait presque oublié la fonction.

Le sourire accroché aux lèvres, nous sommes tous les quatre ahuri par cette expérience. On y retourne ? Des amateurs ?

PS: allez voir les photos dans ma galerie Picasa.


16 août 2007

Le Dessous de la Vérité

La Maison de France qui abrite mes bureaux organise souvent des événements pour le plus grand bonheur des français, des francophones et des francophiles. Voilà une belle image de la France !

Le service culturel, qui compte certains de mes amis comme Gilliane et Jérémie, et le service de coopération, avec Vincent, nous offrent de belles programmations pour promouvoir la culture française.

C’est marrant de retrouver cette image de la culture intellectuelle avec son cinéma intimiste ou conceptuel. Mais la France ce n’est pas que des cols-roulés qui s’extasient devant un bout de bois à la pointe rouge, planté dans une masse de pâte-à-modelée multicolore en forme de vagin exprimant la souffrance féminine exercée par le désir et l’ennui de l’homme.Ouaaaah ! Désolé, je suis parti un peu loin !

Il y a aussi un théâtre qui offre des mises en scènes de troupes brésiliennes. Une médiathèque pour lire les grands auteurs classiques tout comme les livres des nouveaux romanciers français, lire de bonnes planches du 9ème art, louer un film dvd ou de la musique gravée sur l’invention hollandaise qui a révolutionné la musique de la fin du 20eme siècle : le disque compact.Et même des conférences fortes intéressantes… comme celle du mercredi 15 août, où nous avons eut la chance de boire les paroles de deux des fondateurs du LEPAC (Laboratoire d'Etudes Politiques et Cartographiques) dont notamment Jean-Christophe Victor (fils de l'explorateur Paul-Émile Victor) qui présente une émission que je recommande à tous : Le Dessous des Cartes.

Le thème abordé ce soir est la mondialisation et la place du Brésil dans tout ce merdier. Je vais tenter de vous retranscrire certaines notions illustrées par des chiffres et certaines de mes réflexions sur lesquelles je vous invite à rebondir. Boing ! Boing !

La République fédérative du Brésil est le pays le plus vaste et le plus peuplé d'Amérique latine. Avec une superficie de 8 547 877 km², environ 12 fois la France, et 190 000 000 habitants en 2006, environ 3 fois plus qu'en France, c'est aussi le cinquième pays du monde tant par l'étendue de son territoire que par l'importance de sa population.Avec un climat économique favorable aux investissements étrangers, on comprend mieux pourquoi le Brésil à son importance dans les plus grands sommets de Chefs d’Etat ; et quand on voit les ressources et capacités de ce pays, on comprend aussi pourquoi certains (USA en premier) font la sourde oreille et se refusent à inviter ce grand acteur mondial.

Comment réussir à faire vivre un si grand pays. Personne ici n’a la réponse et très peu sont ceux au pouvoir qui tentent vraiment d’y répondre. L’exploitation d’une majorité pauvre par une minorité riche continue comme à l’époque féodale ou de la colonisation. Ce qui change c’est le service rendu par les plus pauvres.

Une des données importantes à connaître est l’aspect démographique du Brésil. En 30 ans, le Brésil a doublé sa population alors que tous les indices n’ont pas évolué avec le même coefficient de droite affine ci-dessus.

Le PIB national total est le troisième d'Amérique, après celui du Canada, mais avant celui du Mexique. Le PIB par habitant en revanche est inférieur à celui du Mexique, et à celui de l'Argentine ou du Chili. Et la richesse enfouie sous le sol la situation des plus pauvres est révoltante à mes yeux. Mais il ne faut pas que comparer cet indice trompeur qu’est le PIB, indice utilisé pour mentir aux plus crédules, pour cacher des vérités qui ne doivent pas être dites ou sues hors de certaines frontières. On retient souvent l’exemple du Brunei qui, en 1995, se classait en seconde position mondiale en raison de son importante manne pétrolière (qui allait pour l'essentiel au Sultan), en dépit d'une grande partie de la population vivant dans la pauvreté. Cet exemple est le cas dans nombre de pays.

L'indice de développement humain ou IDH est un indice statistique composite, créé par l'ONU en 1990, évaluant le niveau de développement humain des pays du monde.

Le concept du développement humain est plus large que ce qu'en décrit l'IDH qui n'en est qu'un indicateur, créé par l'ONU pour évaluer ce qui n'était mesuré auparavant qu'avec imprécision. L'indicateur précédent utilisé, le PIB par habitant, ne donne pas d'information sur le bien-être individuel ou collectif, mais n'évalue que la production économique. Il permet souvent de mesurer la redistribution des richesses dans le développement et pallie parfois le GINI (voir plus bas). L’IDH national du Brésil en 2006 était de 0,792 sur 1, 69ème position mondiale. Point positif, heureusement, c’est que les conditions de vie s’améliorent, certes de manière inégale entre les états du sud et ceux du nord, mais s’améliore quand même. Alors que ceux de certains pays d’Afrique diminuent !

Un autre indice intéressant (c’est fou ce que l’homme aime mesurer, quantifier… pour se rendre compte le plus souvent de ses erreurs !) est le coefficient de GINI. C’est une mesure du degré d'inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée, variant de 0 à 1, où 0 signifie l'égalité parfaite (tout le monde a le même revenu) et 1 signifie l'inégalité parfaite (une personne a tout le revenu, les autres n'ont rien).

Et là on se fend la tronche à découvrir que les pays de l’Est-Europe, ancienne terre communiste, sont les pays historiquement les plus égalitaires avec un GINI avoisinant les 0,2. Le Brésil avec un niveau de PNB de l’ordre de celui de la Bulgarie a pourtant un GINI de 0,58 ! L’oligarchie brésilienne et sa trainée d’assoiffés représentent 10 % de la population et touchent 47% des revenus. Mais le plus choquant est que cet indice se détériore comme dans beaucoup de pays du monde : on mesure que les inégalités ont augmenté de 50% dans le monde.

L’ordre économique mondial profite donc à de moins en moins de monde alors que l’on entend partout que le monde ne s’est jamais senti aussi bien économiquement. La richesse augmente, oui, mais se concentre de plus en plus. Les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. La preuve en est que sur 30 ans, le nombre de pays pauvres à doublé.

Le paradoxe est que le monde est devenu plus fluide, avec des flux en augmentation : flux des marchandises, flux d’argent, flux des matières, flux des données. Le seul qui a des tendances à diminuer est le flux d’hommes. Certes, on ne pratique plus la traite des noirs, les dictatures sont moins nombreuses, les migrations politiques aussi. Mais on ressent quand même partout que les hommes sont bloqués aux frontières (augmentation du nombre de camp frontaliers). Notre liberté de mouvement est menacée par des concepts parfois faux comme le terrorisme ou certains plus réels comme le racisme ou plus naturels comme la peur.

Le monde est donc plus fluide, moins égal, plus grand, plus risqué et plus fragile (environnement… j’en parle même pas ! la nature souffre plus que l’homme).
Je ne cherche pas à vous faire peur mais juste à retranscrire une réalité que l'on connait tous, dont on ne mesure pas assez la gravité et pour laquelle je n'arrive pas à entrevoir un virage radical à moyen terme.

La grande question qui est restée en débat dans ma tête jusqu’à ce jour, pour laquelle j’ai une vision plutôt pessimiste (mon paradoxe) et dont je n’arrive pas à être d’accord, ni avec Sophie, ni avec mon ami Fred, mais un peu avec Thiaggo, est : « Peut-on dire que l’homme à évoluer, s’est améliorer, depuis son apparition sur terre ? » et « dans quelle mesure peut-on parler d’évolution ? ».

En espérant que votre compréhension de notre monde sera plus élargie par cette conférence dont l'intérêt est maintenant partagé, j'attends de vous lire.

12 août 2007

Vitória-Régia

Bonjour les enfants, aujourd'hui je vais vous narrer un comte en français et en portugais...

A Vitória-Régia é uma bela flor aquática, típica do rio Amazonas. Os índios contam uma lenda para explicar seu aparecimento.


Naia era uma indiazinha bem bonita e pensava, como todos de sua tribo, que a Lua era um moço de prata. Do casamento das índias virgens com este moço, nasciam as estrelinhas do céu. Naia apaixonou-se pela Lua e, para aproximar-se dela, subiu montes e montanhas. Mas, mesmo chegando ao topo das mais altas montanhas e erguendo os braços, não conseguia alcançá-la. A Lua ficava sempre muito lone, no céu infinito. Naia desistiu de buscar o moço de prata e ficou triste.

Uma bela noite, porém, aproximou-se do grande rio. O que viu? Dentro dele, bem lá no funo, estava a Lua. Naia não teve a menor dúvida. O moço de prata, noivo das virgens, lá estava, chamando-a, num convite de amor.


A jovem lançou-se às águas do rio-mar, num mergulho ansioso. Foi-se afundando, mais e mais, até desaperecer para sempre.

A Lua sentiu-se responsável pelo trágico acidente e achou que a indiazinha merecia ser recompensada e viver para sempre. Num gesto de gratidão, transformou-lhe o corpo numa flor diferente, bela e majestosa: a vitória-régia.


...................

Comme tous les pays, le Brésil regorge de légendes. La plupart du temps, ces légendes (« lendas ») proviennent des Indiens d’Amazonie. La Vitória-Régia est une fleur aquatique, un nénuphar géant, typique du fleuve Amazone. Les indiens ont une légende pour expliquer son apparition.

Naia était une jeune et belle indienne et pensait, comme toute sa tribu, que la Lune était un jeune homme fait d’argent. De son union avec les jeunes vierges indiennes naissaient les étoiles du ciel.
Naia tomba amoureuse de la Lune et pour s’approcher d’elle, elle gravit monts et montagnes. Mais même une fois arrivée aux sommets des plus hautes montagnes et les bras levés, elle n’arriva pas à l’atteindre. La Lune était toujours trop éloignée, dans le ciel infini.Naia abandonna sa recherche avec tristesse.

Une belle nuit, pourtant, elle s’approcha du grand fleuve. Que vit-elle ? Dans le fleuve, tout au fond, il y avait la Lune. Naia n’avait aucun doute dessus. Le jeune homme d’argent, fiancé des vierges, était là et l’appelait.

La jeune femme sauta dans l’eau et plongea, insoucieuse. Elle s’enfonça dans les profondeurs du grand fleuve, encore et encore, jusqu’à disparaître complètement.La Lune se sentit responsable de ce tragique accident et pensa que la jeune indienne méritait d’être récompensée et de vivre éternellement. Dans un geste de gratitude, le jeune homme d’argent transforma le corps de Naia en une fleur, belle et majestueuse : la Vitória-Régia.

14 juillet 2007

A Costa dos Coqueiros

La première partie de notre périple achevée, de l’argent en poche, nous filons découvrir le littoral du Nord de l’état de Bahia : a Costa dos Coqueiros (la côte des cocotiers).

Le cœur léger nous prenons le bus direction Mangue Seco, dernière ville de Bahia, au nord avant l’état de Sergipe. Ce village de pêcheurs est difficile d’accès, comprenez par là que l’utilisation de bus ou de taxis sur piste de terre rouge puis l’emprunt d’une barque sur l’estuaire est indispensable pour arriver à bon port. Ceci explique l’absence quasi-totale de voyageur sur place (attention : nous sommes en juillet, donc en hiver sous l’équateur, ce n’est pas la meilleure période pour voyager).

Notre allégresse ne durera pas longtemps. En effet la météo doit être contre nous, il fait gris, il y a du vent, ce temps donne un côté lugubre et sans vie à cet endroit ; l’ambiance est glauque donc nous décidons de ne pas nous attarder. Nous plions bagages dès le lendemain après avoir fait un saut à la plage qui doit être merveilleuse sous le soleil : une étendue de 42 km de sable blanc ornée de cocotiers.


Nous voilà donc partis pour Praia do Forte où nous retrouvons le soleil, ce qui efface bien vite l’expérience ratée de Mangue Seco (a près tout, prendre 2 bus, 3 taxis, 2 barques en moins de 24 heures ça arrive à tout le monde, non ?).
Là-bas, nous découvrons le vrai côté touristique de la côte des cocotiers, une ville ressemblant comme deux gouttes d’eau à « EuroDisney » avec une allée pleine de restaurants, de boutiques et d’autres « attrap’ touristes » en tout genre, il ne manque plus que Space Montain et le labyrinthe d’Alice. Entre un village complètement mort et lugubre et une ville totalement artificielle, trouverons-nous un juste milieu ?


Malgré ce manque d’authenticité intra muros, la côte est stupéfiante : des piscines naturelles qui offrent une eau calme à côté d’un spot pour surfers plein d’énormes vagues, une eau bleue claire translucide et presque pas froide. Ce premier vrai moment de farniente très appréciable est accompagné d’un soleil timide, mais assez présent pour nous emplir le cœur d’énergie. A quelques kilomètres au Nord de Praia do Forte se situent les villages d’Imbassai, Santo Antonio et Diogo que nous décidons de visiter les uns après les autres.

Le bus nous dépose à Imbassai, pas de béton, seule une piste de terre rouge. Ce village est très étendu et nous y découvrons des pousadas partout, mais seulement deux touristes : nous. Parmi la quarantaine de pousadas présentes, nous élisons domicile chez Habu, un allemand fort sympathique. Un véritable petit coin de paradis à 2 mètres du fleuve, à 100 mètres de la plage et où nous dégustons chaque matin un « café da manhã » (petit déjeuner) qui vaut presque celui de l’argentin à Capão (cf ci-dessous), c’est vous dire comme il fut délicieux !!


Imbassai signifie « entre deux eaux » car la plage à cette particularité d’être prise entre l’océan et le « rio » qui offre une eau douce pour se rincer. On y a passé 3 jours extrêmement « peinard », pas de touristes à cette époque, et nous n’avions rien d’autre à faire que d’aller à la plage et prendre le temps de prendre son temps. L’endroit est paradisiaque, idyllique.
Eole est déchaîné en ce mois de juillet ce qui énerve Poséidon, mais nous trouvons refuge au bord du « rio », protégé du vent, où nous déjeunons les pieds dans l’eau.


Mais attention, vous nous connaissez, on a pas mal la bougeotte, alors quand on nous dit que Santo Antonio n’est qu’à 5 km par la plage et que ça se fait rapidement, on fonce. Eh bien, je peux vous dire que marcher toute cette distance sur du sable, c’est du sport. Pour ceux qui ont déjà fait des randonnées avec moi ou par ceux qui auront lu les articles précédents, vous voyez ce qui Seb doit supporter, mais ça le fait plutôt rire… Une fois arrivés à destination une petite « barraca » nous tend les bras et nous déjeunons comme tous les jours face à l’océan sur une plage déserte. Un havre de paix loin de ces sites touristiques, il y a moins de 10 personnes sur cette plage dont 3 qui travaillent dans le restaurant, c’est vous dire la sérénité qu’on y a trouvée.


Comme une randonnée ne s’arrête jamais si simplement nous reprenons la route vers l’intérieur du village, tout petit mais bondé de magasins d’artisanat prêts à accueillir l’acheteur ! Malgré tout c’est ravissant, cette fois-ci pas de terre rouge mais du sable blanc partout : vous vous imaginez vous levez les pieds dans le sable, ça doit être magique. Derrière le village une étendue de dunes blanches à perte de vue. On nous indique que Diogo n’est qu’à quelques kilomètres derrière celles-ci. Aucune indication, le but est de ne pas se perdre dans ce désert blanc (la légende dit que certains s’y sont perdus. En racontant cela, je ne vise personne… l’intéressé se reconnaîtra !).
Nous sommes surpris par la pluie (heureusement que nous avons toujours un parapluie dans notre sac à dos !) ce qui rajoute un côté surnaturel à cette expédition. Diogo, village authentique, endormi sous la pluie nous fait espérer qu’il existe encore d'autres endroits sur la côte du Brésil, comme celui-ci, qui ne sont pas assaillis de visiteurs comme Praia do Forte.


Revenons à nos tortues, entendez par là le retour à Praia do Forte. Cette ville a su utiliser la curiosité et le porte-monnaie des touristes afin de défendre une cause écologique. En effet c’est à Praia do Forte que se trouve le « Projeto TAMAR ». C’est un projet destiné à la sauvegarde des tortues. Les biologistes y font pondre des tortues, aident les bébés tortues à atteindre l’océan, sensibilisent les pêcheurs (cours de massage cardiaque pratiqué sur une tortue coincée dans un filet) à la protection de cet animal présent sur terre depuis l’époque des dinosaures. D’autant plus que sur mille naissances, seulement deux tortues arriveront à l’âge adulte, les autres terrassées par la sélection naturelle.


Le projet est en grande partie financé par les recettes du magasin de souvenirs : l’écologie, la sauvegarde des espèces et le tourisme peuvent faire bon ménage si cela est fait de manière intelligente. Notre dernier jour avant notre retour à Rio a été d’un farniente total : un beau soleil, un spectacle de surf, un pic-nic délicieux.

Nos vacances ont été un pur moment de bonheur où découverte et liberté se sont bien trouvées. Certes les vacances touchent à leur fin, mais une fois dans l’avion on se dit qu’on rentre chez nous, à Rio de Janeiro, et c’est plutôt la classe.

PS: les photos sur Picasa: Mangue Seco, Praia do Forte, Imbassai, Santo Antonio

5 juillet 2007

Chapada Diamantina

Qu’est ce qu’on a du mal à dormir dans un bus sur-climatisé qui ballote sur des routes de montagne, freine sec et ne rate aucun nid de poule ! Alors que d’autres comme Djé le baroudeur (cf. son blog !!!) ou les brésiliens qui font ce trajet chaque jour pour aller bosser, ne s’incommodent plus de ces détails.
Premiers instants du voyage de « muchileiros ». Va falloir travailler ce « skill ». Surtout si on veut concrétiser les projets qui trottent dans nos caboches.
Hé oui, car depuis que nous sommes passés sous l’équateur, la découverte, l’éveil des sens, la stimulation de l’esprit… ont un bien fou sur nous. Comme si notre âme était aérée. Le pire c’est que je sens que nous devenons accros à cette sensation. Nous envisageons déjà pleins d’autres aventures. Mais cette soif s’achève-t-elle un jour ? Obtient-on la félicité en asséchant cette envie ? Nous en débattons souvent (vos avis nous intéressent). Ce n’est pas sûr. Et là est le dilemme. Foutu monde vaste, varié et si tentant !

Après 06h de bus, quelques courbatures et bosses, nous voilà arrivés à Palmeiras en plein milieu de la Chapada Diamantina. : Parc naturel, situé à 450 km de Salvador. Des canyons, des grottes, des cascades, des rivières voilà la splendeur de cette région qui nous tend les bras. Espace initialement habité par des indiens, il a vu arriver des vagues de colons attirés par ces ressources minérales en diamant et autres pierres précieuses. Aujourd’hui toutes les mines sont fermées et la région protégée. Seuls quelques rares locaux s’aventurent à la chasse aux cailloux pour gagner un peu de pain.

De longues journées se profilent sur ce lieu vert, ocre, rouge et bleu.

Par les pistes de terre rouge, nous atteignons notre but : Capão. Un adorable village : authentique ! Bien que vivant en grande partie du tourisme, le cadre de vie et les gens restent naturels. Les nomades qui s’y arrêtent sont plutôt du style baba et tout le monde semble cohabiter en harmonie, chacun son rôle, la terre tourne et les différences culturelles ne semblent plus être des barrières. La pousada de Dai n'échappe pas à cette règle. Une parfaite école de la vie en communauté : salles de bains, toilettes, cuisine, terrasse, lignes à linge, lavoir… tout est communautaire. On va être bien ici !


Notre première marche nous permet de découvrir les décors de nos 4 prochains jours : d’imposant morros et un grand manteau de végétation. Tout est très diversifié ; on passe d’un petit ruisseau aux pierres plates à une épaisse forêt tropicale ou à des steppes à la terre sèche.
Mais partout de l’eau. On l’entend s‘écouler à quelques pas derrière ces arbres. Attirés par ce bruit sourd nous remontons le « rio » et apparaît la « cachoeira da Purificação » (cascade de la purification). Elle tire son nom de la température de l’eau qui s’y jette : glacée, revigorifiante. On en est ressorti extrêmement purifié, comprenez congelé. Une magnifique cascade de plusieurs étages : un parfait spot pour déjeuner.



Nous continuons notre rando ; le ventre bien rempli et une fois nos acolytes brésiliens s’être pris un bon million de fois en photo. Direction une autre cascade : « cachoeira Angelica »

Petite parenthèse : le brésilos peut paraître méga narcissique et c’est souvent vrai. Au pays de la retouche, un brésilien avec un appareil dans les mains ne peut plus se contrôler. On se croirait dans un studio : à la plage, en cours, en ballade, il va vouloir prendre et se faire prendre en photo. Les nanas jouent leurs mannequins prenant des pauses sexy et les photos de couples n’ont rien à envier à celles de Paris-Match.

Première journée bien remplie. La sieste dans notre petite chambre « roots » (4 murs, 1 toit, 1 lit, pas d’isolation) est très appréciable. La soirée se passe à la place du village où tout le monde se mélange. On parle dans toutes les langues. On y rejoint notre petit groupe de l’aprèm : des jeunes de Salvador, entre 19 et 24 ans. Ils sont venus passer quelques jours de vacances, profitant du férié de l’indépendance de Bahia (02/07).

Lendemain, réveil au chant des coqs pour l’ascension du Morrão : plus haut morro de la région, culminant à 1450 mètres au dessus du niveau de la mer (500 mètres de dénivelé, car le plateau est déjà à 1000 mètres d’altitude).
Nous n’arrivons qu’avec ¼ d’heure de retard au p'tit déj chez l’argentin. Quelle ne fut pas notre surprise de voir le café fermé, les rues désertes ; même la place du village est vide.



Bug spatio-temporel, enlèvement massif par des p’tits gris durant la nuit ??? On retourne vers la pousada où l’on croise les brésiliens qui se préparent doucement et qui s’étonnent de nous voir déjà prêts. Merci notre réveil et le décalage horaire de Bahia avec Rio dont on ne s’était même pas encore rendu compte !

Reparlons du p’tit déj chez l’argentin. Une légende vraie : des « sucos » (jus) 100% naturel, des sandwichs au pain complet : le « Completão » (œuf, oignon, herbes et fromage), des crêpes au nutella, du yaourt avec céréales et fruits en morceaux et du thé sucré à la mélasse naturelle. Avec ça on tient jusqu’au dîner avec un petit goûter. Bon, bah c’est parti !



Le voilà au loin, le gros morro. Ce papi de la nature: imposant, avec un air si paisible qu’à aucun moment on ne penserait qu’il est si dur et si fatigant.
Il parait tout petit avec la distance qui nous sépare : 6kms dans les steppes entrecoupées de petits ruisseaux et parsemées de termitières abandonnées. Cette immensité est magnifique. On se sent une fourmi au milieu de rien, de la nature à perte de vue, des morros sortant de toutes parts.

Sophie avance sans trop y croire. Je ne connaissais pas autant ce coté « râleuse juste pour râler ». Elle sait que ça ne sert à rien, elle est contente d’être là, mais il faut quand même râler. On avance difficilement, mais c’est très bon. Après une heure et demi, nous voilà au pied du vieux. L’ascension se fait par le flan gauche. Chaque pas gravi nous rapproche du graal.
La « galera » (bande) arrive à bon port ! Nous voilà tout en haut ! Les mots ne sont d’aucune utilité pour vous décrire le spectacle qui s’étale à nos yeux. Même les photos ne rendent pas compte de l’émotion qui nous envahie. Nous restons calmement à méditer pendant que les brésiliens hurlent leur joie et se prennent en photo. L’instant est magique et ne peut être capturé que par le cerveau. Mais à chacun sa façon de profiter du moment.


Il est où l’hélicoptère qui doit nous faire redescendre ? À bon, il faut repartir à pied ?
Avant de finir cette randonnée, nous faisons escale à « Aguas Claras » : un bassin d’eau fraîche alimenté par une cascade. Un vrai petit jardin d’Eden où Adam et la sus-dénommée se baignent ravis de leur journée.



Le soleil en phase déclinante fait lever le camp. Presque plus personne ne parle. La fatigue ou bien la méditation impose un mutisme naturel à chacun.

Un bon dîner s’impose, suite auquel nous nous endormons en 5 minutes top-chrono, la bave aux commissures. Ce fut la journée la plus longue mais la plus intense.

Le 3ème jour, les jambes sont lourdes et nous décidons d’abandonner notre idée d’aller à la « Fumaça » : la 4ème plus haute cascade du monde : 470 mètres de chute d’eau, autant à gravir.
Nous optons plutôt pour une petite ballade vers « Rio Preto ». Comme son nom l’évoque, ses eaux sont très sombres, très ferreuses. Encore une fois, la nature est resplendissante pour le plus grand bonheur de nos sens. Le trajet nous fait passé par de la foret humide, des cascades, un toboggan naturel et les ruines d’une maison.



Le soir venu, nous retournons vers Lençois, capitale de la région où nous passons toute la journée suivante. Grande différence avec Capão. En trois jours à peine, on semblait avoir oublié que l’homme pouvait vivre en grande agglomération, cherchant l’argent à chaque coin de rue (commerce, agence de tourisme, hôtel, artiste peintre, vendeur de cailloux…).
Cependant, cette étape est appréciable. D’un coté parce qu’elle fait office de moment « tampon » avant la suite de nos aventures. Et d’un autre, parce qu’elle n’était pas prévue. Nous n’avons aucun planning, juste une idée vague du plan de route. Cette liberté de pouvoir choisir de prolonger un instant ou de changer une idée, nous stimule et devrait se retrouver à chaque instant de notre vie, ce que peu de sédentaires font une fois attachés aux chaînes invisibles de notre société dite moderne.

Le soir, le bus nous ramène à Salvador et cette fois nous dormons comme des bébés. Le métier de baroudeur commence à rentrer. Plus que R$ 50 en poche (impossible de retirer). Comment allons nous continuer l’aventure ? Réponse au prochain épisode.

PS : un « special thanks » à Djé (cf. son blog !!!) pour ses articles qui ont su nous décider sur la région du Brésil à visiter pour ces premières vacances : la bonne combinaison des lieux alliant culture, sport, campagne, ville, détente, plage, grands espaces, belles rencontres…

PS2 : les photos sur Picasa: Capão et Lençois